PISCINE DE CLÉOPÂTRE
Piscine de Cléopâtre : nager parmi les colonnes romaines
Cléopâtre n’y a probablement jamais nagé, mais de véritables colonnes de marbre antique se sont effondrées dans cette piscine, et vous pouvez encore vous y baigner parmi elles aujourd’hui, moyennant un supplément.
Check dates and availability ↗Une piscine thermale dont le fond est en marbre ancien.
À l'écart des terrasses ouvertes de travertin, la Piscine Antique — universellement connue sous le nom de Piscine de Cléopâtre — est un bassin thermal distinct, alimenté par une source naturelle, où l'attrait principal n'est pas l'eau elle-même mais ce qui repose en dessous : les colonnes de marbre cannelé, brisées, d'une structure antique, immergées et dispersées sur le fond du bassin, au milieu desquelles vous nagez. L'eau jaillit de sa propre source naturelle à une température chaude, agréablement constante, légèrement pétillante de gaz dissous, et considérablement plus profonde que les bassins peu profonds des terrasses extérieures. Elle se situe dans l'enceinte du site de Hierapolis-Pamukkale mais fonctionne comme une attraction à part entière, avec son propre droit d'entrée qui s'ajoute au billet d'accès standard au site.
La légende de Cléopâtre — et ce que les archives révèlent réellement
Le nom populaire de la piscine provient d'une légende locale bien ancrée selon laquelle Marc Antoine aurait offert le site à Cléopâtre, ou que la reine d'Égypte s'y serait baignée lors d'une visite dans la région. C'est une belle histoire, et l'une de celles qui méritent d'être racontées comme folklore — mais aucun document historique vérifié ne confirme que Cléopâtre ait jamais mis les pieds à Hiérapolis, et cette association semble être une embellie ultérieure plutôt qu'un événement attesté. Ce qui est vérifiable, c'est que la piscine se trouvait au sein d'un complexe de bains et de temples d'époque romaine, somptueusement construit, qui exploitait pleinement les mêmes sources thermales alimentant les travertins, reflétant à quel point la culture du bain était centrale dans cette ville thermale opulente bâtie sur ce flanc de colline.
Comment les colonnes se sont retrouvées sous l’eau
Les colonnes immergées constituent l’élément le plus saisissant de la piscine, et leur présence obéit à une cause précise et documentée, loin d’être une ruine savamment mise en scène. Un important séisme a frappé la région au VIIe siècle après J.-C., l’un des nombreux tremblements de terre qui ont secoué Hiérapolis au fil de son histoire, renversant une structure à colonnades associée à un temple qui se dressait autrefois au-dessus ou à côté de la source, et la précipitant directement dans le bassin. Depuis, les colonnes de marbre dorique et les fragments architecturaux reposent au fond de la piscine, devenant peu à peu un élément permanent et photogénique de ce qui est par ailleurs un bain thermal naturel. Nager parmi de véritables marbres romains de plusieurs tonnes, et non une réplique, est ce qui rend cette expérience unique parmi les piscines thermales du monde entier.
Pourquoi les Romains ont-ils développé une culture du bain si raffinée ici ?
La richesse et la renommée de Hierapolis reposaient en grande partie sur ses eaux thermales, auxquelles le monde gréco-romain croyait sincèrement des vertus curatives pour toute une série de maux. La cité développa une vaste infrastructure de grands édifices de bains, de canaux et de bassins pour exploiter cette réputation, attirant des visiteurs — et des malades gravement atteints en quête de guérison — venus de toute la Méditerranée, un phénomène étroitement lié à l'ampleur de la nécropole voisine. L'analyse de l'eau de source révèle une charge minérale notable, riche en calcium et en bicarbonates, la même chimie qui est à l'origine des terrasses de travertin à l'extérieur ; quant à savoir si elle procure les effets thérapeutiques que les anciens baigneurs lui attribuaient, cela ne peut être vérifié aujourd'hui, mais la teneur en minéraux, elle, est solidement documentée.
Ce que la baignade y implique réellement aujourd’hui
L’accès à la zone de la piscine pour la voir est inclus dans le billet d’entrée standard du site, mais se baigner nécessite un billet séparé, acheté sur place, et reste véritablement facultatif — cela ne fait partie d’aucun circuit ou forfait d’entrée classique. Des vestiaires sont disponibles à proximité, et les visiteurs apportent leur propre maillot et une serviette, avec des casiers généralement prévus pour les objets de valeur. Étant l’une des expériences phares du site, la piscine peut être bondée en milieu de journée en haute saison, surtout lorsque les cars de touristes arrivent depuis la côte — venir tôt le matin ou en fin d’après-midi permet généralement de nager plus sereinement, dans une ambiance moins dense, entre les colonnes, et d’avoir bien plus de chances de les photographier sans foule dans le cadre.
De l’ancien tourisme thermal à une baignade moderne inscrite sur votre liste de rêves
Un fil conducteur relie la vie antique et moderne de la piscine de Cléopâtre. Les Romains parcouraient des distances considérables pour se baigner dans une eau thermale, riche en minéraux, qu'ils croyaient curative — une forme précoce et bien documentée de tourisme de santé, bâtie entièrement autour de ce seul système de sources. Aujourd'hui, les visiteurs viennent pour une autre raison, attirés par la nouveauté de nager parmi de véritables colonnes antiques plutôt que par quelque vertu médicale, mais l'attrait fondamental — une eau chaude, naturellement minéralisée, jaillissant de la même source géologique qui alimente ce flanc de colline depuis des millénaires — n'a pas changé. C'est l'un des rares endroits où l'on peut flotter dans une eau que les Romains considéraient comme régénératrice, entouré des vestiges physiques des édifices qu'ils avaient construits pour en profiter.